Argelès-sur-mer, mes vacances à la mer.

 

Je ne sais pas par où commencer, c'est déjà un début! Argelès représente quasiment 25 ans de souvenirs (si ça se trouve, j'en ai même in-utéro?!).

J'y ai passé tous mes étés (j'ai presque l'impression d'y avoir passé tous mes deux mois et demie d'été... à l'époque, les vacances étaient plus longues).

Mes grands-parents y ont acheté un appartement rapidement après s'être installés en France.

Un appartement à 500 mètres de la plage. Un regret, pour ma part, c'est de ne pas avoir la vue sur la mer, avec toutes leurs constructions, on ne la voit qu'à partir du 4ème étage. Pour avoir déjà été au 7ème étage, la vue est magnifique...

 

On allait donc souvent en vacances avec Papy et Mamy (j'ai bien moins de souvenirs avec les parents). C'était  Papy et Mamy « comme ça »! Quand on nous demandait quelle Mamy? Bah, « Mamy comme ça »! Un évidence!

J'y suis même allée une fois toute seule avec Papy, c'était super! Déjà, parce qu'il m'avait laisser aller devant (j'étais en CE1, j'avais 8ans). On écoutait des cassettes géniales dans la voiture (sa magnifique Audi qu'il ne sortait que pour les longs voyages). Ma préférée était la rouge (c'est maintenant la préférée de Liam en voiture, au grand désespoir d'Elise), avec des chansons comme « Alleeeez, viens boire un p'tit coup à la maison... » (là, ça y est, je pense que vous avez l'air dans la tête pour la fin de la journée!). J'adorais aussi la compagnie créole et d'autres super cassettes dans ce style, la grande classe quoi, de la musique de goût!

Pour en revenir à la voiture, j'ai eu le droit d'aller devant jusqu'au moment où on appelle maman, sur une de nos pause, et plus spécialement que je lui dise très fière que j'étais devant (à l'époque, quenini, pas de siège auto!). Y'a des fois où il faut mieux se taire, je l'ai appris à mes dépends! Bon, il faut voir le côté positif des choses, à l'arrière, j'avais plein de place!

Ces vacances avaient été super! On mangeait trop bien, avec la fameuse salade composée (jambon, noix, gruyère, noix et salade) et bien sure, ce n'était que l'entrée! J'avais pris beaucoup de kilos, qui m'ont empêché de rentrer dans un ensemble pour un mariage, au grand damne de ma mère!

J'avais aussi trouvé le moyen d'attraper des poux (j'ai longtemps adoré me rouler dans le sable lorsque je sortais, toute mouillée de la mer). Du coup, c'est Tata qui me faisait mon traitement anti-poux, je nous revois, au milieu du salon, moi assise sur un tabouret et Tata qui m'appliquait le produit!. Pour que vous compreniez, Tonton et Tata (qui sont en fait la soeur et le beau-frère de ma Mamy), ont l'appartement sous le notre à Argelès.

Je devais aussi aller chez eux les matins où Papy faisait le marché. Quand je me levais, je descendais prendre mon petit dej' en pyjama chez eux!

Le soir, souvent, tous les soirs?, Papy m'emmenait à la petite fête foraine (Luna Park) faire un tour de manège. En fait, il m'en payait un et après j'attrapais la queue du Mickey. Il avait sympathisé avec la dame qui le gérait et avait honte de moi (tout ça parce que j'étais trop forte!). En fait, je vous donne mes tactiques: soit je faisais mes petits bras, du coup, les personnes mettaient la queue plus basse et hoop, j'étirais mon bras et l'attrapais, soit je me mettais à côté d'un petit enfant, et hop, quand ils baissaient la queue plus bas, je l'attrapais J'étais sacrément stratégique!

 

 

Ah, Papy et les voitures, ça a toujours été quelque chose! L'Audi ne servait que pour faire la route (Argelès-Tours), après nous avions une voiture (bien moins belle) sur place. Quand on allait à la mer en voiture, il ne fallait surtout pas ramener du sable. Parfois, il nous rinçait les pieds sur la plage et nous portait jusqu'à la voiture, ou il ramenait un seau d'eau, nous asseyait sur la place avant et les bien dehors bien entendus, il nous les rinçait!; Maniaque, non?!!

Pendant des vacances d'hiver, nous avions dû pousser la voiture quasiment tous les matins quand on la prenait! Papy était au volant, Mamy, Elise et moi la poussions!

D'ailleurs, pendant ces vacances, Elise ne voulait jamais me prêter un écouteur de son walkman cassette (vieux mot que l'on n'utilise plus!). Elle n'était pas sympa et ne prêtait pas ses affaires. Du coup, Papy m'en avait offert un un peu plus tard, et j'étais fière d'avoir le mien (et moi, je prêtais un écouteur à Salomé!)...

 

Quand on était petite, sur la terrasse ( à l'époque, elle n'était pas encore vitrée), on jouait avec les petits vélos. En fait, c'était deux tricycles rouges. Pour les différencier, (sûrement un à Alice et un à Elise) Fred avait fait un petit dessin sur chaque (je ne m'en souviens que d'un, un sapin). On a énormément joué avec ces petits vélos!

En grandissant, nos jeux ont changé! Avec Sam, on descendait en bas de l'immeuble pour faire du badminton, super pratique quand la tramontane souffle quasiment un jour sur deux! On a aussi fait beaucoup de rollers!

 

Une fois, pendant des petites vacances scolaires, nous étions allés à Collioure, avec Papy, Mamy et Sam. Sur la place, je montrais à Sam un « tour de magie ». De l'eau dans un seau et je le faisais tourner vite, grâce à la force d'attraction, l'eau ne tombait pas! Elle a voulu essayer et n'a pas réussi, elle a surtout arrosé une petite fille qui nous regardait! On s'était fait incendier (pour ne pas dire injurier) par sa mère! Bon, c'est vrai qu'il ne faisait pas chaud à cette époque, mais fallait pas nous coller! (en tant qu'apprentie magicienne!).

 

J'ai aussi beaucoup de souvenirs de cabanes. Après manger, Papy faisait une petite sieste (officiellement, elle regardait les infos). Pendant ce temps calme, on faisait énormément de cabanes (avec des draps tirés sur les volets ou sur le fil à linge)... A une période, on faisait de la peinture ( elle était dans une palette avec des ronds de peinture). On avait fait toute une expo de portraits.

 

Dans l'appart, nous dormions dans un lit superposé qui était dans le couloir (amenant dans la salle de bain et aux toilettes), j'aime bien l'image de « notre chambre ». Une fois, on était assise dans le lit du haut et on prenait une « photo de nos peluches », au moment où on a dit clic, le lit s'est cassé et on est tombée sur le lit du dessous. On a eu sacrément peur!! Papy a ensuite réparé le lit. Faut dire que c'était un lit qu'il avait « retaillé » pour que l'on puisse refermer la porte de sa salle de bain.

 

Un des plus grands souvenirs ou un des plus impressionnant, c'est la fois où l'on a failli se noyer avec Sam. C'était la première fois de l'été que l'on venait se baigner. L'année d'avant, on avait « pied loin » ( après un passage d'un mètre sans toucher le sol). Cette année là, on arrive, il y a des jeunes (la vingtaine) qui jouent au volley au loin. Du coup, on dit à Mamy « on y va ». Il y a un peu de vagues, de courant, on avance, mais on n'a toujours pas pied. Salomé fatigue, du coup elle se met derrière moi et s'accroche à mes épaules. Je nage encore mais fatigue de plus en plus. Je bois beaucoup d'eau d'ailleurs avec les vagues. Quand je prends conscience que je n'arriverais jamais à nager jusqu'aux jeunes, entre deux vagues, je demande à Sam de les appeler. Elle se mare, ne comprends pas (et ne les appelle pas). Elle tente même de me faire faire demi-tour, mais on est trop loin du bord et plus près des jeunes. Elle insiste pas mal de fois, du coup je nage plus fort (elle me fait tourner mes épaules). Après mes souvenirs sont plus vagues (c'est le cas de le dire). Je me souviens de tenter d'appeler les jeunes entre deux tasses. Ils ont du me voir couler et ils nous ont récupéré et ramené au bord. Sur le chemin de retour, je n'ai pas pu m'empêcher de les aider à nager ( même si je n'avais plus de force), ça me gênait qu'ils fassent tout tout seul, je battais donc des pieds (si ça se trouve, je les gênais plus qu'autre chose!). Arrivées sur le sable, la grand-mère nous attendait paniquée, elle a remercié les jeunes, des hollandais je pense. J'ai dû être allongée sur la serviette, j'étais épuisée et perdais à moitié connaissance.

Mamy était affolée, la dame dernière nous, très fine, lui racontait une histoire dans le même genre finie à l'hôpital!!

Salomé allait très bien, je ne suis pas sure qu'elle ait tout compris et tant mieux pour elle! Elle mangeait des chouchous, m'en proposait toutes les trente secondes et a fini par un « je peux manger tout le paquet alors!?? ». Quand Papy est venu nous chercher, on s'est fait incendier et Mamy aussi!! A l'appart, ça a duré longtemps!

Ça nous a pas empêché d'aller nous rebaigner quelques jours après! J'avais 13 ans et avait eu quand même très peur et Sam avait 9 ans. Depuis, je nage toujours.. et loin...!

 

Chaque été, nous allions aux mêmes endroits, certains qu'on aimait et certains que les grand-parents aimaient bien! Il y avait Castelnou, petit village sur les montagnes. Village d'artistes, peintres le plus souvent, en hauteur avec de petites ruelles. J'aimais pas trop y aller!! C'était ennuyeux, les petits magasins n'étaient pas trépident (quand j'y repense, j'ai l'odeur d'immortelle qui me revient: ça sentait le vieux!). On faisait chaque année des photos sur les murets (on en a des photos comme ça). Cette année, nous y sommes retournées, après environ 10 ans sans y être allés, ça a peu changé, le premier magasin sent toujours l'immortelle. J'avoue avoir apprécié y prendre des photos (dont certaines sur le muret) quand on y est retourné en juin. On a même pris un chocolat, au goût bizarre , en fait, j'ai arrêté de le boire quand Freddy l'a goûté et m'a confirmé que le lait avait tourné! Beurk...

 

Je repense aussi aux Gorges de Lavail, j'aimais bien, c'était une rivière dans la montagne, j'y pêchais des petits poissons. On se baignait dans les toboggans. Une fois, sam avait pris un toboggan et avait atterri dans un trou d'eau. Elle avait son masque, tuba et brassard et s'était mise à hurler dans son tuba. On l'avait vite sortie de l'eau, en pensant qu'elle s'était fait mal! En fait, elle avait juste eu peur parce que dans l'eau « il faisait noir, je voyais rien ». On avait bien ri! D'un autre côté, des années plus tard, nous y sommes retournés et lorsqu'on jouait sur les cailloux, je me suis retrouvée nez à nez avec un serpent vert qui sortait de l'eau pour se glisser plus loin sous les cailloux! Et bien après, je n'ai plus beaucoup bougé de la journée! Depuis, je n'y suis pas retournée!

 

Il y a aussi le Cap Béart. On prenait une route de montage, large comme une voiture et demie. Papy regardait pas beaucoup la route et nous faisait des « oh regardez la-bas, c'est joli » (dans ma tête, c'était surtout « regarde devant toi!). Garé en haut de la montagne, on devait descendre à pied pour trouver une petit crique. La mer était belle!! J'adorais, Papy ramassait des oursins. Mais je n'aimais pas trop m'y baigner parce que c'était pleins d'anémones et d'oursins. Je barbotais qu'un peu. Surtout qu'une fois Elise s'est faite attaquée par une anémone. J'avais eu peur, elle perdait à moitié connaissance. On avait du vite remonter la montagne pour l'emmener chez le médecin je crois. Mis à part ça, le cadre était très beau! J'aimerai bien y retourner.

 

Collioure aussi est magnifique. Quand on y allait, c'était une organisation, on préparait un pic-nique, on partait tôt pour pouvoir se garer. On se mettait toujours près du mur, sur la plage, près du clocher. C'est une plage de galet (mamy la trouvait par rapport au sable d'Argelès). J'allais à la recherche des crabes le long du mur et après avoir joué avec eux je les donnais à Papy pour qu'il les mange. Des fois, il venait m'aider parce qu'ils étaient trop gros et me faisaient un peu peur!

J'aimais bien nager avec mon masque (c'est papy qui m'avait emmené le choisir dans un magasin spécialisé, il est rouge, c'est celui que j'utilise toujours!), à Collioure, il y a toujours eu beaucoup de poissons. Quand on met un bout de pain dans l'eau, en 10 secondes, on est entouré d'un banc de poissons.

Papy nageait jamais plus loin que l'eau au niveau de sa taille. Il pêchait au pied du clocher les poulpes. J'aimais bien le suivre, j'avais un peu peur, il mettait ses grosses mains sous les rochers pour chercher, sans voir ce qu'il y avait. Il « courrait » après les poulpes, de rochers en rochers. Parfois on se retrouvait dans le noir, les poulpes crachaient leur encre. Mais il les attrapait presque à chaque fois. J'étais fière après, quand on retournait sur la plage, le poulpe qui lui escaladait le bras. On le bloquait dans un seau. Tous les enfants venaient voir! J'étais vraiment fière de ses moments là!! Le soir, Mamy, lui faisait cuire, c'était rigolo!

A Collioure, j'avais aussi toujours l'espoir de nager et de me retrouver face à face avec Dolphy. Dolphy était un dauphin qui soit disant, était venu à Collioure. Quand j'étais petite, on en parlait beaucoup. En fait, je crois que c'était un mythe!

 

Il y avait une autre plage, que j'aimais moins: Le Tech. On y allait surtout avec les parents. C'était à l'époque une plage nudiste (pas sure qu'il y soit toujours, officiellement). J'étais pas très à l'aise!!!

 

L'été, on allait aussi à Perpignan, au moins uns fois, pour faire les magasins, souvent pour trouver un cadeau pour l'anniversaire de Sam et ma fête. On allait à Epsi, manger une glace (un grand chocolat liégeois pour moi) et des agua-limon (à priori, ce sont les meilleurs, moi je n'ai jamais aimé). Je trouvais la ville de Perpignan sale, j'ai l'impression que ça a un peu changé depuis.

 

Chaque année, nous faisions aussi une escale au Perthus. J'aimais bien l'ambiance, il y avait plein de choses pas cher à vendre. En fait, j'aimais beaucoup les dames (caissières) qui se parlaient en espagnol! J'étais aussi fière que je savais dire « caisse » en espagnol: casio. Plus tard, j'ai compris que le casio écrit sur les caisses était la marque (là, vous pouvez rire!!). Je me souviens qu'une fois Elise à ouvert son parapluie dans le hall extérieur d'un magasin. Elle s'était fait incendier en espagnol (à priori, ça porte la poisse!).

Les petites robes espagnoles me donnaient envie aussi! Je rêvais d'en avoir une! De même que les tee shirt/robes à franges qui ont été à la mode une année! Ils en avaient plein en Espagne! Salomé en avait eu une (de je ne sais où d'ailleurs!), elle avait « trop de chance »!

On mangeait aussi au resto qui avait au plafond des morceaux de viande qui pendaient (sûrement du jambon) et aux murs, des cerfs ou autres pauvres animaux empaillés qui trônaient fièrement. Papy et Elise mangeaient souvent des escargots à la sauce catalane (ça me dégoûtait). Moi, je me régalais avec des calamars à la romaine (un bout de caoutchouc pané!). Et après, on prenait une paëlla (qu'on arrivait jamais à finir) et en dessert, des crèmes catalanes (à l'époque, je n'aimais pas et mangeait une mousse au chocolat!).

 

Les vacances étaient aussi l'occasion d'envoyer une carte postale à toutes mes copines et à la famille. J'en choisissais, écrivais, et décorais un paquet. Maintenant, j'essaye de trouver une alternative aux cartes (certains en ont sûrement reçu en double!), je fais des cartes à partir de photos et de montages.

 

Je retourne toujours à Argelès, de préférence en juin ou septembre parce qu'il y a moins de monde. L'année dernière, j'ai mis eu la chance de pouvoir monter sur le toit de l'immeuble. Avec Sam, on avait demandé les clefs du toit au concierge. C'était l'impressionnant, déjà pour y arriver, faut monter par une échelle dans une trappe. Là, on se retrouve à côté de la machinerie des ascenseurs, ça fait du bruit, c'est impressionnant, ça fait peur! Au final, on avait du demandé au concierge de nous accompagner, parce qu'on avait pas son coup d'épaule pour débloquer la porte. Sur le toit, équivalent du dixième étage, la vue est magnifique, sur la mer, Collioure, les montagnes... On a fait de belles photos, c'était vraiment impressionnant!

 

L'appartement d'Argelès, on y tient tous, on a tous de super souvenirs là-bas.

Et s'il n'y a pas de changements, je sais que je vais y passer trois mois. En effet, quand j'ai commencé à écrire ce texte, je n'avais pas encore la réponse, je suis acceptée en stage au mutli-accueil d'Argelès. De janvier à Mars, je serais sous le doux soleil du sud (et son vent si glacial). Avec mon vélo, je me rendrais sur mon lieu de stage (après quinze minutes de vélo, si je ne suis pas gelée ou trempée, j'aurais bien de la chance!).

A moi les balades à la mer, un nouveau décors photo (Argelès en hiver, jen'ai jamais fait), la découverte des enfants en mutli-accueil avec l'accent du sud!

De toute façon, j'aimerais partir travailler dans le sud à la fin de mes études. En attendant, durant ces trois mois, vous recevrez sûrement une petite carte, qui sait?

de vieilles photos de l'appartement:

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Mes soeurs et moi, avec nos vélos rouges, sur un manège et habillées de la même façon (que c'est moche!)

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Moi toute petite sur la plage, avec des oursins fraichement pêchés et coupés prêts à être mangés.argeles2

Quel courage d'avoir tout lu! Le texte a été écrit en octobre 2009.